auberge

auberge [ obɛrʒ ] n. f.
• 1606; provenç. aubergo; a. fr. herberge héberger
1Anciennt Maison, petit hôtel simple, généralement à la campagne, où l'on trouve à loger et manger en payant. hôtel, hôtellerie, restaurant; guinguette. Tenir auberge. L'enseigne d'une auberge. Garçon, fille, servante d'auberge. « Il dut s'accommoder d'une mauvaise chambre à l'auberge » (Barrès). Loc. AUBERGE ESPAGNOLE : lieu, situation où l'on ne trouve que ce qu'on a soi-même apporté. « Il en est de la lecture comme des auberges espagnoles : on n'y trouve que ce qu'on y apporte » (Maurois). Prendre la maison de qqn pour une auberge : s'y installer, aller y dîner souvent sans être invité ni désiré. Fam. On n'est pas sorti de l'auberge : les difficultés augmentent, vont nous retarder, nous retenir.
Mod. Hôtel ou hôtel-restaurant, souvent d'une classe élevée, mais d'apparence rustique. hostellerie.
2Spécialt AUBERGE DE (LA) JEUNESSE : centre d'accueil hébergeant les jeunes pour une somme modique.

auberge nom féminin (provençal aubergo, de l'ancien français arberjer, héberger) Maison, située généralement dans un village ou dans une petite ville, où on peut loger et se restaurer. Hôtel, restaurant d'une classe touristique élevée. ● auberge (citations) nom féminin (provençal aubergo, de l'ancien français arberjer, héberger) André Malraux Paris 1901-Créteil 1976 Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie. Antimémoires Gallimard Henri Pourrat Ambert 1887-Ambert 1959 La vie sans farces est comme un voyage sans auberges. Gaspard des montagnes Albin Michelauberge (expressions) nom féminin (provençal aubergo, de l'ancien français arberjer, héberger) Auberge espagnole, lieu où l'on ne trouve que ce qu'on y a apporté. Auberge de (la) jeunesse ou A.J., centre d'accueil et de vacances pour les jeunes qui voyagent. Familier. Ne pas être sorti de l'auberge, être loin d'en avoir fini avec les difficultés.

auberge
n. f.
d1./d Vieilli Hôtel de campagne, simple et sans luxe.
|| Loc. Fam. On n'est pas sorti de l'auberge: les difficultés promettent d'être considérables. (V. on n'est pas sorti du bois.)
Loc. fig. Auberge espagnole: lieu où l'on trouve ce qu'on y apporte.
d2./d Mod. Restaurant dont le décor évoque une auberge (sens 1), mais qui offre une chère et un service de qualité.

⇒AUBERGE, subst. fém.
A.— Petit hôtel à la campagne, dans les petites villes ou les faubourgs, où les voyageurs peuvent se loger et se restaurer :
1. ... nous avons craint qu'étranger dans nos montagnes et fatigué d'une longue route à pied, vous ne trouviez pas dans le village une auberge où vous puissiez vous rafraîchir et vous reposer.
LAMARTINE, Les Confidences, 1849, p. 298.
P. métaph. :
2. On recevait dans ce salon des étrangers, Turcs, Autrichiens, Allemands... et personne n'y trouvait à redire. Paris était, sous Napoléon III, l'auberge du monde.
A. FRANCE, La Vie en fleur, 1922, p. 526.
SYNT. Bonne, petite auberge; fille, garçon, servante d'auberge; salle d'auberge; coucher, descendre à l'auberge.
Loc. Tenir auberge. Recevoir tout le monde à sa table. Prendre la maison de qqn pour une auberge. Aller y dîner souvent et sans invitation. Sortir de l'auberge. ,,Se tirer d'un mauvais pas`` (LE BRETON 1960) :
3. N'allez-vous pas me dire que vous êtes ivre, puisque vous me faites l'extrême faveur de prendre ma maison pour une auberge ou pour quelque chose de pire?
DELÉCLUZE, Journal, 1825, p. 160.
4. [URSUS] :
— ... Ah çà, est-ce que je tiens auberge, moi? Pourquoi est-ce que j'ai des arrivages de voyageurs? La détresse universelle a des éclaboussures jusque dans ma pauvreté. Il me tombe dans ma cabane des gouttes hideuses de la grande boue humaine.
HUGO, L'Homme qui rit, t. 1, 1869, p. 162.
5. On avait maintenant en plus de l'équipe du Frisé, le commissaire Mandru et sa brigade au train. Je nous voyais pas sortis de l'auberge!
A. SIMONIN, Le Petit Simonin illustré par l'ex., Paris, N.R.F., 1968, p. 263.
6. Si la Neuvième Symphonie était présentée aujourd'hui comme le morceau de concours d'un prix de Rome, on y prendrait très peu d'intérêt et de plaisir. Mais il y a deux cents ans que l'on tartine sur elle; on y arrive extasié d'avance, y apportant, comme dans les auberges espagnoles, tout ce qu'on souhaite d'y trouver.
MONTHERLANT, Notes de théâtre, 1954, p. 1072.
B.— Spécialement
1. ŒUVRES. Auberge de (la) jeunesse. Centre d'accueil de vacances pour les jeunes qui font du tourisme :
7. Selon l'importance de l'agglomération, il comporte des salles de réunions, 1 salle de fêtes, une bibliothèque, des bureaux de renseignements, un service médical, une piscine, un gymnase, éventuellement une auberge de jeunesse, divers plateaux d'éducation physique et de sports.
Les Gds ensembles d'habitation, 1963, p. 18.
2. TOUR. Hôtel ou restaurant d'une classe touristique élevée.
PRONONC. :[]. PASSY 1914 et BARBEAU-RODHE 1930 donnent la possibilité d'une prononc. avec [] ouvert pour la 1re syll. (cf. aussi BUBEN 1935, p. 54, § 44). Ils notent également pour cette syll. une durée mi-longue.
ÉTYMOL. ET HIST. — 1. 1477 dr. féod. aulberge « droit de gîte » (Ordonnances des rois de France, éd. Pastoret, t. 18, p. 353, 356 cité ds BARTSCH, p. 98 : notaireries ... aulberges ... amendes), attest. isolée; 2. 1606 « maison où l'on trouve le gîte et le couvert » (NICOT); 1606 fig. (NICOT : La mort tel cœur ne domine, Qui s'affine En telle flamme, & point ne vit Chez luy, mais en autre Auberge Il s'heberge. Et ailleurs est escondit); 1680 tenir auberge (RICH.)
Empr. au prov. mod. aubergo, fr.-prov. (dauph.) aubergo « hôtellerie » (MISTRAL); le prov. mod. aubergo, anc. prov. alberga, alberja « campement, baraque », XIIe s. Fierabras, Gerard de Rossillon ds RAYN. et le fr.-prov. sont dérivés des verbes anc. prov. arbergar (LEVY Prov.), albergar, forme dissimilée, « héberger » (XIIe s., Peire Vidal ds RAYN.) et fr.-prov. (Pays de Vaud) abèrdzi, (1213 ds Pat. Suisse rom.), corresp. à l'a. fr. arberjer « héberger, abriter » (XIe s. Passion), habergier (ca 1188, Florimont), abergier (fin XIIe s., Floovant ds T.-L.). Ces verbes sont empr. au germ. occ. haribergôn (de même que l'anc. esp. albergar, XIIIe s. Berceo ds AL.; l'anc. cat. albergar, XIe s. ds ALC.-MOLL.; l'anc. ital. albergare, début XIIIe s. Uguccione da Lodi ds BATT.), verbe prob. importé dans l'aire gallo-rom. par les mercenaires germ. antérieurement au Ve s., avec le sens étymol. de « loger une armée » (BRÜCH, p. 73). Étant donné que les subst. rom. corresp. à haribergôn appartiennent aux genres masc. et fém., et que d'autre part, une forme masc. germ. ne peut être avancée, il faut supposer pour point de départ non pas le subst. germ., mais le verbe, emprunté par les langues rom. (BRÜCH, op. cit.); cf. aussi lat. médiév. arbergare « loger, héberger » 1056-1105 (Dipl. Heinr. IV, 170 ds Mittellat. W. s.v., 426, 41). Antérieurement à l'empr. du fr. auberge, la notion de « lieu où on loge » était rendue par des dér. du verbe en -erie ou en -age (a. fr. abergerie, XIIe s. ds T.-L.; anc. fribourgeois albergerie « hôtellerie », 1429 ds Pat. Suisse rom.).
Selon BRÜCH, loc. cit., le type germ. hari(bergôn) aurait, av. le Ve s., couvert l'aire gallo-rom. entière (d'où les formes en ar-, al-, a-, supra), puis reculé à l'époque franque devant le type heri- qui se serait alors installé dans la partie septentrionale de l'aire gallo-rom. (v. héberger), le type hari- s'étant restreint à la partie méridionale (prov., fr.-prov.).
STAT. — Fréq. abs. littér. :2 233. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 3 563, b) 4 659; XXe s. : a) 3 215, b) 2 025.
BBG. — Ac. Gastr. 1962. — BACH.-DEZ. 1882. — BRUANT 1901. — CHABAT 1881. — DAINV. 1964. — ESN. 1966. — GALL. 1955, p. 27, 467. — GERSTER (W.). Beitrag zur Geschichte einiger Bezeichnungen für Gasthaus, besonders fr. taverne, hôtel, auberge. Vox rom. 1946/47, t. 9, p. 94; pp. 103-151. — GOUG. Mots t. 1 1962, p. 240. — LACR. 1963. — LAMMENS 1890, p. 6. — LAVEDAN 1964. — LE BRETON 1960. — POPE 1961 [1952], § 28, 54, 660.

auberge [obɛʀʒ] n. f.
ÉTYM. 1606; aulberge, 1477; provençal mod. aubergo, d'orig. germanique. → Héberger.
1 Anciennt (ou dans des civilisations non industrielles). Maison, petit hôtel simple, généralement à la campagne, où l'on trouve à loger et à manger en payant. Hôtel, hôtellerie, restaurant; cabaret, gargote, guinguette, taverne. || Une petite auberge sur la route. Tournebride (vx). || Auberges traditionnelles d'Orient. Caravansérail, fondouk. || Une auberge mal tenue. Cambuse. || L'enseigne d'une auberge. || La salle d'une auberge; une salle d'auberge. || Garçon, fille, servante d'auberge.Descendre à l'auberge. || Loger, prendre pension à l'auberge.
1 (…) L'hôtesse d'une auberge à dix sous par repas.
Boileau, Satires, X.
2 (Oronte) s'est logé dans une auberge, où il a, dit-il, le plaisir de ceux qui voyagent, sans leurs peines, parce qu'il voit tous les jours à souper de nouveaux visages.
Vauvenargues, Oronte.
3 De guerre lasse, il dut s'accommoder d'une mauvaise chambre à l'auberge.
M. Barrès, la Colline inspirée, p. 133.
4 Auberge suppose moins de confort, plus de rusticité, une clientèle aussi plus ordinaire qu'hôtellerie.
R. Bailly, Dict. des synonymes, art. Hôtel.
Mod. Hôtel ou restaurant, souvent d'une classe élevée, mais d'apparence rustique.
4.1 Vue du jardin, l'auberge avait un aspect campagnard et cossu et je ne manquai pas de lui en faire la remarque.
Patrick Modiano, les Boulevards de ceinture, Folio, p. 41.
Loc. Tenir auberge chez soi : recevoir tout le monde à sa table.Prendre la maison de qqn pour une auberge, s'y installer, aller y dîner souvent sans être invité, ni désiré comme convive.
Loc. Auberge espagnole : lieu, situation où l'on ne trouve que ce que l'on a apporté, d'après la réputation des auberges d'Espagne au XIXe siècle.
5 (…) il en est de la lecture comme des auberges espagnoles (…) on n'y trouve que ce qu'on y apporte.
A. Maurois, Un art de vivre, III, 5.
Loc. fam. On n'est pas sorti de l'auberge : les difficultés augmentent, vont nous retenir, nous retarder.
6 Je devenais nerveux, fallait surveiller ça. Si le traczin (trac, peur) me prenait maintenant rien qu'à évoquer les poulets, j'étais pas sorti de l'auberge ! Il me restait plus qu'à aller bosser au charbon.
Albert Simonin, Touchez pas au grisbi, p. 123.
7 Je ne suis pas sorti de l'auberge, il s'en faut, mais je n'ai pas non plus ma physionomie avenante dans la poussière et c'est l'essentiel pour l'instant.
San-Antonio, Ne mangez pas la consigne, p. 187.
2 Spécialt. || Auberges de la jeunesse, de jeunesse : centres d'accueil économique (abri, camping, refuge) réservés aux membres de l'association. Ajiste.
8 (…) le style plein air, toile de tente, gros souliers, le culte de la jeunesse saine, studieuse, rieuse, chanteuse en chœur, bronzée, héritière des Auberges de la jeunesse et même des Maisons de la culture.
Jacques Laurent, les Bêtises, p. 192.
DÉR. Auberger, aubergiste.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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